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A Niort, les pré-municipales sous le choc du 26 mai

Depuis 2017 à gauche, La France insoumise dominait le paysage. EELV a désormais pris le dessus. Leur projet d’alliance pour 2020 en a été un peu refroidi.

 

Ralliez-vous à mon panache rouge ? Ou à mon panache vert ? A Niort, chez ceux qui rêvent de déloger Jérôme Baloge de l’hôtel de ville l’an prochain, le rapport de force a basculé depuis les européennes. Depuis 2017, La France insoumise tenait le haut du pavé. Europe Écologie Les Verts a désormais pris le dessus, devenant la deuxième force politique de la ville.
Point d’accord entre les deux : laisser le PS hors-jeu. C’était une certitude du côté de LFI, ça l’est aussi chez EELV 79 : « Nous sommes d’accord pour partir sur un projet de liste citoyenne largement ouverte soutenue par LFI, EELV, Générations excepté le PS », écrivent dans un courrier à LFI en date du 24 avril les co-secrétaires d’EELV 79, Virginie Léonard et Serge Morin.

“  Excepté le PS ”

Pour le reste, le rapprochement EELV-LFI ne se fait pas sans tiraillements. Une première rencontre a eu lieu entre les deux partis. Problème : LFI veut monter une liste uniquement avec des candidats vierges de tout mandat. En vertu de quoi sa championne de 2017, Nathalie Seguin, a renoncé à y figurer. Mais l’élue sortante EELV Monique Johnson refuse d’abdiquer par avance sa liberté d’être ou non candidate : « On ne peut pas proposer de créer un collectif et en fixer tout seul les règles. » « Nous ne pouvons accepter que vous décidiez de la participation ou non de Monique Johnson, le choix lui appartient de proposer sa candidature ou non », écrivent Virginie Léonard et Serge Morin dans leur lettre du 24 avril.
Fort de son bon score, EELV Poitou-Charentes a prévenu : « Il est de notre responsabilité désormais de fédérer avec d’autres les forces citoyennes et politiques, notamment lors des municipales de 2020. » La stratégie du « tout le monde derrière moi » ? « Ce n’est pas ce qu’on dit, ce n’est pas ce qu’on veut, et ce n’est pas ce que veulent les électeurs. Les partis qui sont tombés dans ces travers s’en sont mordu les doigts », déclare Monique Johnson qui assure que le score de 18 % sur Niort n’a pas monté la tête d’EELV : « Je suis bien consciente que ce n’est pas un blanc-seing. Ça nous exorte juste à agir. »

“ Ces partis s’en sont mordu les doigts ”

 

A LFI, Bruno Bonin relativise en tout cas l’inversion du rapport de forces : « Le vote EELV est clairement conjoncturel : il agglomère un électorat très volatile venant de droite comme de gauche, qui risque de se ranger dans sa famille d’origine pour les municipales. » Et il juge qu’au contraire, LFI, malgré ses 6,95 %, dispose de réserves de voix importantes dans les quartiers populaires qui votent peu aux européennes.
Lors d’une réunion interne le 4 juin, les militants LFI ont opté pour ne pas couper les ponts avec EELV. « La porte reste ouverte. La condition sine qua non, c’est d’être dans une écologie de rupture avec l’idéologie libérale », commente Bruno Bonin. Monique Johnson juge elle aussi que tout reste possible. Certitude : la défaite de Jérôme Baloge, solidement installé à la mairie, n’est pas à l’heure qu’il est le scénario le plus attendu. Si la gauche s’éparpille, il deviendra même hautement improbable.

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