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La vidéosurveillance à Niort : couteuse, inefficace mais électoraliste

Malgré les contorsions sémantiques de "vidéoprotection" terme introduit dans la LOPPSI en mars 2011 en remplacement de "vidéosurveillance" la réunion publique qui a eu lieu lundi 22 juin à la Mairie de Niort fut assez creuse et superficielle sur le sujet.

Nous avons été stupéfaits par le manque de préparation de cette réunion d’information par la majorité municipale et choqué de certains comportements idéologiques lors des échanges, notamment des huées venant d’élus de la majorité à destination des citoyens.

Certes ces citoyens étaient opposés à la mise en place de la vidéo surveillance mais ils étaient venus avec des arguments, des chiffres sur la délinquance réels et non fantasmés, sur le coût ou des études sur l’efficacité réelle du dispositif, ce que Mr le maire et son équipe ont été incapable de faire. Le peu d'arguments avancés était partiel voir partial: une défense du projet basée uniquement sur l’accord unanime du comité local de sécurité et de prévention de la délinquance (mairie, préfecture, commissariat) le vendeur de caméra aussi est d’accord avec le projet.

Informer les citoyens des réalités basées sur des études ou statistiques et non sur des conversations avec le maire de Bourg en Bresse serait une bonne base du respect démocratique :

Il n'y a aucune étude sérieuse réalisée en France sur son efficacité, cependant le responsable du Bureau des images, identification et détections visuelles de la police métropolitaine de Londres (1 camera pour 14 habitants) qualifie la vidéosurveillance au Royaume Uni de « véritable fiasco» au point que le Royaume-Uni après 20 années d'expansion l'abandonne. La Cour des comptes indique dans son rapport sur l’organisation et la gestion des forces de sécurité publique (Chapitre VI : Le développement de la vidéosurveillance page 125 à 152) que la proportion des faits de délinquance élucidés grâce à la vidéosurveillance de la voie publique est relativement faible et l’estime à 3%.

Par ailleurs elle estime aussi le coût annuel de fonctionnement des systèmes de vidéosurveillance, incluant la rémunération des personnels d’exploitation, les frais de maintenance et éventuellement la location des liaisons numérisées, une valeur moyenne pondérée de 7 400 € par caméra/an. Monsieur Baloge indique le coût annuel de fonctionnement de 4 500 € par an pour les 26 cameras: quelle ristourne pour Niort et ses 26 caméras! Nice et ses 624 cameras, numéro 1 de la vidéosurveillance, paie 3600 € par caméra chaque année.

Les chiffres de la délinquance classent les Deux-Sèvres 14ème département où la délinquance est la plus faible sur 97. Le rapport "stratégie de prévention de la délinquance 79 pour 2013-2017" comme celui du contrôleur général des lieux de privations de liberté sur le commissariat de police de Niort Mars 2011 donnent des indications un peu plus sérieuses politiquement que le simple sentiment d’insécurité.

L’année 2013 se caractérise par une baisse des atteintes à la tranquillité publique dénombrées en zone Police. Les atteintes aux biens se manifestent surtout par des cambriolages, des vols de véhicules ou dans les véhicules, l’ivresse publique, les dégradations, les stationnements irréguliers et les conflits de voisinage. Les violences aux personnes se produisent le plus souvent entre personnes qui se connaissent. Il s’agit de violences intra-familiales ou entre voisins, dont une part importante est liée à la consommation d’alcool. Il est préconisé, en ce qui concerne la tranquillité publique, un renforcement de la présence humaine et non le déploiement de la vidéosurveillance: mesure plus électoraliste qu’efficace.

Le Front de Gauche Niortais s’oppose à l’implantation du réseau de vidéosurveillance. Elle tend à opérer une privatisation de l'espace public, nous la jugeons coûteuse, inefficace et allant l’encontre des libertés fondamentales de chacun.

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