Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Fermeture des deux sites du Crédit Agricole de Niort et de saintes.

Intervention du Groupe Front de Gauche au conseil communautaire

Il est intéressant en plein débat sur le plus d’Economie Sociale et Solidaire que ce
dossier vienne sur le devant de la scène.

Le Crédit Agricole, La Mutualité Agricole (MSA et Groupama assurances mutuelles agricoles) et la Coopération sont depuis la fin du 19° et le début du 20° siècle, les acteurs fondateurs de l’Economie Sociale. La décision unilatérale prise par le Conseil d’Administration de la Caisse Régionale du Crédit Agricole de Charente- Maritime/Deux Sèvres le 11 janvier 2013 de la fermeture des deux sites de Niort et Saintes interpelle à bien des égards à la fois sur le respect des statuts et les choix stratégiques, économiques de l’Entreprise Coopérative Mutuelle.

Depuis l’annonce du projet en juin 2012, les salariés de la banque dans l’unité avec leurs organisations syndicales, les sociétaires et aussi des élus se sont mobilisés pour lutter contre le départ d’activités vers un autre lieu. Le transfert devrait avoir lieu à la fin de l’année 2016. Selon le directeur général adjoint de la Caisse Régionale Charente-Maritime/Deux-Sèvres, « au final, 300 personnes seront directement concernées par la délocalisation des sièges ». Ce sont des centaines de familles qui vont voir leurs conditions de vie bouleversées, avec plus de deux heures de trajet quotidien ou la contrainte d’un déménagement.

En 2013, il y a eu une proposition de motion opposée au projet de transfert devant plus de 1500 Sociétaires présents lors des Assemblées Générales fortement perturbées des Caisses Locales de Niort et de Saintes. La Présidence et la Direction ont refusé autoritairement toute proposition pouvant nuire à la bonne exécution de sa décision. Nous voyons bien quelle perception, ils ont de la démocratie et donc du Mutualisme !

L’Association AREMUT (Association pour le Retour au Mutualisme) tente depuis de trouver tous les appuis politiques et juridiques permettant de faire avorter ce projet. Elle a interpelé les Ministères, la Fédération Nationale du Crédit Agricole (organe Politique des Caisses Régionales), la presse locale et nationale sans obtenir un quelconque soutien réel et sérieux. Les responsables de l’association sont même accusés de nuire à la bonne image du Crédit Agricole.

Mais :

  • qui nuit à la bonne image de la banque Coopérative Mutuelle ?
  • qui depuis 30 ans a pris des décisions sans consultation préalable des sociétaires ?
  • qui a utilisé la marque Crédit Agricole pour la détourner de son objet le mouvement coopératif ?

Ce sont les mêmes qui décident ici de la fermeture de site ou ailleurs d’Agences et qui ont décidé de donner à des technocrates au service du capital la confiance qui leur a été confiée par les sociétaires.

Cette affaire a coûté aux usagers et aux citoyens la modique somme de 28 milliards d’euros pour le seul Crédit Agricole. 28 milliards perdus parce que détournés de l’économie réelle au profit des marchés, de la spéculation, du développement externe, de l’international ...

L’ETAT LIBERAL a laissé faire sans sanctionner les opportunistes et le cartel bancaire. Il continue à accepter, voire encourage le système de gestion anglo-saxon dans nos établissements coopératifs - Mutuels, à l’instar du Crédit Agricole qui exerce un développement impérialiste sous l’appellation « de banque universelle de proximité ». L’universalité se caractérisant par des participations multiples de l’agroalimentaire à l’immobilier jusqu’ aux maisons de retraite… très loin de son rôle de banque de crédit au service du public que lui ont confié les sociétaires.

Il abandonne le pouvoir qui doit être le sien de protéger tous les citoyens sans distinction. Il a le devoir de défendre les intérêts particuliers des usagers-sociétaires salariés contre les intérêts particuliers d’une minorité d’exploitants actionnaires et capitalistes.

Si l’ETAT LIBERAL sous prétexte de directives érigées par la troïka ne fait rien et délègue en grande partie ses prérogatives aux territoires, nous, élus locaux portons la responsabilité de l’avenir de nos concitoyens, à la ville et à la campagne. Pour se faire, nous devons imposer des choix d’utilité publique et collective aux entreprises coopératives mutuelles de nos territoires pour la satisfaction du plus grand nombre. Nous devons convaincre nos élus parlementaires, nos partis politiques respectifs de ne pas céder au lobbying continuel exercer par le capital.

Dans l’affaire qui nous concerne, il est clair que rien économiquement ne justifie ce projet de déménagement. Le Crédit Agricole de Charente Maritime/Deux-Sèvres malgré les pertes enregistrées dans ses filiales, la non réception de dividendes de crédit agricole SA, ses participations multiples, affiche encore régulièrement 80 millions de résultats et détient plus de 1,2 Milliards de fonds propres. Alors pourquoi sauf à être sur la ligne de deux futures métropoles, veut-il absolument seul et contre tous maintenir ce projet ? Parce que contrairement à ce qui est dit des Caisses Régionales, autonomes et entreprises de plein exercice, ce ne sont pas les sociétaires qui décident mais la construction méthodique d’une dépendance financière exclusive à CA S.A (Crédit Agricole SA) qui guide leur choix avec comme seul objectif de ruiner le coopératif au profit du capital. La mise en place actuellement d’un système d’information unique sera suivi d’une architecture unique qui mènera inéluctablement, si nous n’intervenons pas, à l’abandon physique des agences de proximité, à la désertification de nos campagnes à la suppression d’activités et d’emplois.

Nous avons le devoir, l’obligation morale de nous opposer unanimement à ce projet test. Dans le cas contraire, c’est la porte ouverte à une avalanche de décisions catastrophiques pour l’emploi et la vie de nos territoires. Nous n’en sommes qu’à une première étape, alors pour éviter les suivantes, prenons toutes les mesures et décisions qui s’imposent.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article