Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Eau : Gratuité de l’usage et renchérissement du mésusage

L’eau est indispensable à la vie, elle n’est pas fabriquée par l’Homme et n’est pas une marchandise. L’eau fait partie du patrimoine de l’humanité, elle doit être accessible à tous, en qualité et en quantité suffisante. Elle ne doit pas être source de profit et ne doit pas menacer la santé des usagers. L’eau n’a pas de prix, pas plus que l’air que nous respirons. Ce qui à un coût, c’est le service de l’eau, l’adduction, la potabilisation, les réseaux. L’accès à l’eau est un droit qui ne doit pas dépendre d’éventuelles aides sociales. Selon l'OMS, un minimum de 20 litres d’eau par jour est nécessaire à un être humain pour répondre à ses besoins physiologiques et sanitaires. Une politique alliant la gratuité des usages raisonnables et le renchérissement du mésusage constitue une véritable alternative qui s’oppose à la marchandisation rampante ainsi qu’aux inégalités d’accès.

Qui dit gratuité ne dit pas forcément gaspillage !

Une étude menée dans les Landes (France) tout comme les programmes réalisés dans des communautés pauvres d’Inde, du Ghana ou de Bolivie montrent que, loin d’être gaspillée, l’eau potable fournie gratuitement est au contraire utilisée de façon économe. Les gens savent qu’une fois la quantité gratuite utilisée, l’eau deviendra difficilement accessible. Le véritable gaspillage vient, outre des industries et des gros irriguants, des habitants à très gros revenus dont la consommation, comme le disent les économistes, « est inélastique au prix », autrement dit, la hausse des prix n’entraîne pas une baisse de la consommation d’eau.

Il ne s’agit pas de distribuer ce bien précieux sans discernement mais de mettre à disposition de tout citoyen la quantité d’eau dont il a besoin pour vivre normalement. Au cours des dernières années, plusieurs collectivités françaises (Roquevaire, pays d’Aubagne, Communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne, Libourne, Dunkerque, Hyères …) ont fait le choix de nouvelles tarifications de l’eau. Ces nouveaux systèmes de tarification se répartissent en trois types :

La tarification progressive, qui consiste à augmenter le prix de l’eau par tranche de consommation.
La tarification sociale destinée aux usagers aux ressources limitées, reposant sur la modulation tarifaire en fonction des revenus.
La tarification éco-solidaire, qui repose sur un critère écologique assorti d’un volet social.

Pour encourager le déploiement de la tarification sociale de l’eau en France, la loi Brottes du 15 avril 2013 comporte un volet “expérimentation” pour une période de cinq ans “en vue de favoriser l’accès à l’eau et de mettre en œuvre une tarification sociale de l’eau pouvant inclure une première tranche de consommation gratuite."

C’est vers la tarification éco-solidaire que nous proposons d'aller, de la façon suivante :
Gratuité de l’eau vitale : 20 litres d’eau gratuits par jour et par personne (correspondant aux nécessités de la vie courante) soit 30 m3 d’eau par an pour une famille de 4 personnes.
L’eau d’usage: les 90 m3 suivants sont facturés selon une tarification sociale, tenant compte des revenus du foyer.
L’eau de mésusage : toute consommation au-delà de ces 120 m3, pour des usages de confort comme le remplissage des piscines par exemple, sera surtaxée.

Les frais d’ouverture, la location du compteur, comme l’abonnement et la part "assainissement" doivent tenir compte des revenus du foyer. Enfin, une tarification spécifique doit être appliquée aux usagers professionnels (commerces, services, entreprises).

Eaux usées- Eaux pluviales
La question de la nécessité de mettre en place des réseaux de collecte séparés pour les eaux pluviales et les eaux usées se pose, pour améliorer l'efficacité des stations d'épuration et éviter leur engorgement et, le cas échéant, être en mesure d'utiliser les eaux pluviales récupérées pour le nettoyage des rues par exemple. La récupération collective des eaux de pluie doit faire l’objet d’une politique à long terme.

Avec le Front de Gauche, rejoignons la liste des agglomérations de même taille ayant déjà réalisé cette indispensable transition écologique tout en faisant un grand pas vers plus de justice sociale : l'accès à l'eau est un droit fondamental. Nous, on peut !

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article